Dimanche 14 septembre 2014
Après un copieux petit déjeuner, nous
prenons l’autobus qui fait la navette entre les hôtels et
le centre-ville
Fondée au Xe siècle, Šibenik a connu
l’autorité des rois de Hongrie avant d’être
secouée, entre le XIIe et le XIIIe siècle, par les conflits qui opposaient le
Royaume de Hongrie et les Vénitiens pour le contrôle de la
côte dalmate. Les Vénitiens l’emportèrent et
Šibenik leur appartint jusqu’en 1797, date de la fin de la
république de Venise.
La cathédrale Saint-Jacques, inscrite au
patrimoine mondial de l’UNESCO, est le produit réussi
d’échanges culturels entre le nord de l’Italie, la
Dalmatie et la Toscane. Elle illustre de manière unique le
passage de l’architecture religieuse gothique
à celle de la Renaissance.
Nous déambulons dans les ruelles
étroites de la vieille ville, où les façades des
maisons reflètent, elles aussi, des siècles
d’architecture. Nous voyons sans y entrer le palais ducal et
l’hôtel de ville.
Du haut de la citadelle, nous découvrons une
vue de carte postale de la baie.
En ville, nous remarquons que des files de gens
chargés de bidons font la file devant des citernes en plastique
remplies d’eau potable. Ici, en effet, l’eau du robinet
n’est pas potable : un petit détail dont nous avons
été avertis dès notre arrivée à
l’hôtel...
|
Baie de Split. – Photo : Yolande Gerlache - Martin Tagwerker
|
Lundi 15 septembre 2014
Pour atteindre Split, nous empruntons des routes de
montagnes.
Nous traversons des paysages arides, quasiment
inhabités.
A Split se pose l’éternel
problème de parking dans les villes touristiques. Nous sommes
dans une file de voitures roulant au pas, à la recherche
d’une place où nous garer, quand un jeune homme nous
aborde et nous propose son aide. Il nous fait signe de le suivre et
nous amène sur un quai presque vide où débarquent
les voitures amenées par le ferry. Nous hésitons mais
finissons par nous placer là où il nous dit. Il
réclame 100 kunas, ce qui est plus cher que le parking officiel,
mais pas la mer à boire !
Bien que peu rassurés sur le sort de notre
véhicule, nous partons à la découverte de cette
ville si fameuse.
La cité historique est
aménagée dans l’enceinte d’un ancien palais
romain, palais construit entre 294 et 305 sous et par l’empereur
Dioclétien. L’histoire de la ville ressemble à
celle des villes précédentes, entre république de
Venise, Napoléon, empire austro-hongrois (dont Split
était un port de guerre) et pour finir la Yougoslavie. Notre
visite débute par les caves du palais où se tient
aujourd’hui un marché pour touristes. Nous
débouchons sur la cour intérieure, le péristyle.
Fidèle à lui-même, Martin grimpe sur le campanile.
Moi, je me balade et je prends des photos. Nous nous rejoignons pour
visiter la cathédrale, construite dans le mausolée
octogonal de l’empereur Dioclétien. Dans la sacristie,
nous nous posons un moment sur des bancs en bois sculptés datant
du XIIIe siècle ! À côté de la
cathédrale, un petit temple consacré à Jupiter, a
été transformé en baptistère.
Au Moyen-Âge, la ville s’est
installée à l’intérieur du palais, utilisant
des murs existants. Des maisons aux façades gothiques ornent les
rues et les places. Toute la ville figure au patrimoine mondial de
l’UNESCO. Il y aurait encore beaucoup de choses à voir,
mais nous nous inquiétons
pour notre voiture. Mais ouf ! elle est toujours
là, intacte, à l’endroit où nous
l’avons laissée : nous avons eu de la chance !
Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons
à Trogir, autre ville dalmate inscrite au patrimoine de
l’UNESCO.
Trogir, la médiévale, est comme un
musée à ciel ouvert. Nous admirons la cathédrale
Saint-Laurent et son célèbre portail roman/gothique
(construit en 1240) avec ses lions surmontés des statues
d’Adam et d’Eve, son campanile où se
succèdent les styles architecturaux, gothique, vénitien,
renaissance et baroque... Puis nous nous baladons dans les rues
escarpées. De l’hôtel de ville aux demeures
privées, l’influence de Venise est partout
évidente. Pavées de larges dalles polies par
l’âge, couleur de miel, les rues de toutes ces villes
anciennes baignent dans une luminosité particulière.
Mardi 16 septembre
Aujourd’hui, nous décidons de rester
dans le complexe hôtelier, de profiter du soleil, de nous
baigner, peut-être...
Munis de nos livres électroniques et de nos
serviettes de bain, nous nous installons près de la mer. Mais
brrr ! la température n’est pas idéale ! Nous
regagnons notre chambre. À midi, nous nous offrons un de ces
délicieux plat de poissons.
Mercredi 17 septembre
Un temps superbe ! Nous nous nous rendons à
Zadar, à 92 kilomètres de notre base, ville
bâtie, elle aussi, sur une presqu’île, riches de
nombreuses églises (nous en visitons cinq !) et de vestiges
romains.
Sur la jetée, une orgue marine
créée en 2005 par un architecte croate, émet des
sons plus ou moins forts au gré des vagues qui viennent se
|
Une des portes du palais de
Dioclétien dans le centre historique de Split..
Photo : Yolande Gerlache - Martin Tagwerker
|
frotter sur les marches d’un escalier en bord
de mer. Elle fonctionne grâce à un système de
tuyaux et de soufflets installés dans les marches en marbre. Des
jeunes s’y prélassent, certains se baignent.
L’œuvre a reçu le prix européen de
l’espace public urbain en 2006.
Une autre installation urbaine se trouve tout
à côté : un grand cercle formé par des
plaques de verre posées sur des cellules photovoltaïques
est sensé créer une communication symbolique avec la
nature, l’orgue étant l’ouïe, le cercle solaire
la lumière. En fait, ce cercle fait référence au
calendrier de Saint-Chrysogone élaboré à Zadar en
1292, le premier document de ce genre dans lequel les données
astronomiques sont écrites en chiffres arabes.
Jeudi 18 septembre
C’est l’anniversaire de Martin !
Le temps, radieux, pousse à la promenade.
Les nombreux panneaux indiquant le parc national de Krka nous
intriguent. On y voit, paraît-il, des chutes d’eau
impressionnantes. Bien que peu portés sur les longues marches
dans la nature, nous cédons à la curiosité. En fin
de compte, la balade n’a rien de pénible, et la nature
est, ma foi, fort belle.
Nous fêtons l’anniversaire de Martin
dans l’excellent restaurant du complexe hôtelier : Martin
opte pour un poisson entier grillé, moi je prends des
écrevisses. Au milieu d’un décor rustique
reconstitué – un moulin à eau, des petites
cabanes en pierres du pays – l’ambiance est parfaite.
Vendredi 19 septembre
Comme il fait toujours beau, ce qui n’est
plus le cas du tout chez nous, en Autriche, nous décidons de
prendre un jour de plus et de rentrer
bien à l’aise en faisant une
étape à Maribor en Slovénie. En 2012, la ville
était nommée capitale européenne de la culture, en
2013, capitale européenne de la jeunesse.
Nous trouvons un hôtel agréable sur
les rives de la Drave, puis nous nous promenons dans la ville, qui me
semble bien petite. J’espérais y voir davantage de
vieilles pierres et de témoignages du passé, domaine dans
lequel nous avons été tellement gâtés en
Croatie !
Le soir, nous nous installons à une terrasse
et écoutons des musiciens, un guitariste-chanteur et un
pianiste, divertir leur public. Demain, nous rentrerons à
Vienne.