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Vue plongeante sur Šibenik (Croatie).
Photo : Yolande Gerlache - Martin
Tagwerker
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Samedi 6 septembre 2014
Nous quittons Vienne vers 9 h 30. Après
quelques kilomètres de route, des trombes d’eau nous
assurent un parfait lavage de voiture ; la pluie ne nous quitte
qu’à 120 kilomètres d’Umag, notre
première étape. Lorsque nous arrivons au camp de vacances
où nous avons loué un bungalow pour une semaine, le
soleil brille de toute sa splendeur !
Nous déposons nos affaires, puis nous
faisons le tour du domaine, un bois de pins où des petites
maisons, très rudimentaires, sont placées deux par deux.
En bord de mer, nous découvrons une
terrasse avec buvette d’où la vue est splendide. Dans une
ambiance simple et sympathique, le service est assuré par un
monsieur qui comprend l’allemand, ce qui nous rassure. Nous
buvons un coup en attendant l’ouverture du restaurant.
Après le repas – un buffet
élémentaire mais copieux – nous regagnons
notre bungalow. Alors que nous venons de nous installer sur notre
balcon, voilà qu’un malappris d’oiseau se soulage en
plein vol, et paf ! c’est notre table qui déguste. A
gauche comme à droite, les voisins sont hilares : on voit tout
les uns chez les autres ! Nous nous replions à
l’intérieur devant la télé. Punaise ! Pas de
réseau pour les canaux de langue allemande, rien non plus en
français ! Il ne nous reste plus qu’à nous
racrapoter au lit avec un bon bouquin et là, nous avons des
réserves...
Dimanche 7 septembre
Le temps est splendide. Le
thermomètre indique 28°C. Nous prenons la direction de la
petite ville de Koper, en Slovénie.
La Slovénie apparaît dans les textes
à partir du IXe siècle. Le pays sera envahi par divers voisins :
la Bavière, la république
de Venise, les Habsbourg, dont la domination
s’étendra du XVe siècle à 1918 (fin de la
Première Guerre mondiale et de la monarchie austro-hongroise).
Il rejoint alors, en tant que pays indépendant et autonome, le
royaume des Serbes et des Croates qui prend le nom de royaume de
Yougoslavie en 1929. À l’issue de la Seconde Guerre
mondiale, il intégrera la république populaire de
Yougoslavie, sous la direction de Tito, jusqu’à la mort de
celui-ci en 1980. La Slovénie rejoindra l’Union
Européenne en 2004.
Situé dans le golfe de Trieste, Koper est
le seul port commercial du pays. On y parle le slovène et
l’italien. Nommée Aegidia dans la Grèce antique,
Capris par les Romains, Capo d’Istria par les Italiens, la ville
connut tour à tour la domination byzantine, le régime des
comtes istriens, le pouvoir politique et économique de la
république de Venise. L’architecture de la place
principale évoque celle de la Cité des doges, dont on
reconnaît le fameux lion sur la façade du palais Vissich
Nardi.
Martin grimpe au sommet de la tour de la ville
tandis que je me prélasse sur une terrasse. Après la
visite d’une église du XIVe siècle, Saint-Jacob, nous nous promenons
dans les ruelles et découvrons la fontaine da Pronte, une
reproduction du pont du Rialto à Venise. Puis, comme nous ne
sommes pas loin de la frontière italienne, nous décidons
de pousser jusqu’à Trieste.
Jules César mentionne déjà
Trieste (Tergestum) dans La Guerre des Gaules. De l’époque
romaine subsiste l’Arc de Ricardo (IIIe siècle).
Après la chute de l’Empire romain, la ville portuaire
devient, sous le contrôle de Byzance, un important carrefour
commercial. Elle connaît diverses dominations avant de se placer,
au XIVe siècle, sous l’autorité de
l’Autriche. Plus tard, unique débouché maritime de
l’Empire, elle sera occupée par Napoléon entre 1797
et 1809, mais retournera à la couronne austro-hongroise à
la suite du Congrès de Vienne. Après la Première
Guerre mondiale, Trieste deviendra italienne.
Nous visitons quelques églises, admirons
quelques places, des édifices au style viennois, le Grand Canal,
puis nous dégustons... une saucisse-choucroute
accompagnée d’une OttakringNotre excursionse termine au
château de Miramar, un lieu où vécurent deux
personnages
au destin tragique : l’archiduc Maximilien,
frère de l’empereur François-Joseph, et son
épouse Charlotte, fille de Léopold Ier, roi des Belges.
Devenu empereur du Mexique, Maximilien y sera exécuté par
les révolutionnaires ; son épouse perdra la raison.
A notre retour à Umag, il est l’heure
de prendre l’apéro. A peine nous voit-il arriver sur la
terrasse que le serveur commence à servir nos bières !
C’est bon de se sentir accueillis.
Lundi 8 septembre
Non loin d’Umag, nous explorons Buje, une
toute petite ville accrochée à sa colline. Des rues
étroites, des maisons anciennes... L’endroit, pittoresque,
possède une splendide église romane.
A Novigrad, nous prenons un petit train, qui ne
dessert que des campings et des complexes hôteliers.
Déçus, nous poursuivons en direction de Porec, ville dont
l’histoire est proche de celle de Trieste et qui possède
une splendide basilique euphrasienne. L’édifice abrite de
magnifiques mosaïques à la byzantine. Le baptistère
et sa sacristie datent du VIe siècle, le campanile est plus tardif.
L’église est inscrite au patrimoine mondial de
l’UNESCO. La vieille ville offre quelques jolies maisons de style
vénitien,
En soirée, nous retrouvons « notre
» terrasse. Le tenancier nous apporte un petit café... que
nous refusons énergiquement. Il persiste, sourit et nous laisse
les deux tasses. En fait, elles contiennent un liquide transparent et
je devine à l’air du tenancier qu’il s’agit
d’un alcool : c’est la meilleure slivovitch que j’aie
jamais goûtée.
Mardi 9 septembre
En route pour Pula, nous apercevons, au loin, une
église fortifiée. C’est ainsi que nous
découvrons le petit village médiéval de Valle
(Bale). La localité semble endormie, rien n’y bouge, sauf
deux femmes qui
papotent devant l’entrée du
sanctuaire : ce sont elles qui encaissent les quelques kunas requis
pour visiter l’intérieur (en bien mauvais
état) du bâtiment.
Le principal attrait touristique de la ville est
un amphithéâtre romain. Nous gravissons les rues
jusqu’à la citadelle, d’où l’on
découvre un panorama magnifique. Notons aussi l’existence,
à Pula, d’un ancien temple romain, le temple
d’Auguste, plus tard transformé en église, puis en
silo à grain, qui abrite aujourd’hui un lapidaire moderne.
On peut y voir également une église franciscaine de 1314
avec son monastère.
Le soir nous ramène à
l’apéritif sur la terrasse en bord de mer, bière
suivie d’une délicieuse slivovitch...
Mercredi 10 septembre
Aujourd’hui, nous mettons le cap sur Piran,
en Slovénie.
Bâtie sur une presqu’île, Piran
est dominée par les remparts d’un ancien
château-fort. C’est par lui que nous commençons
notre visite.
Ici comme dans les autres villes portuaires de
l’Istrie, l’architecture vénitienne gothique domine.
Quelques églises anciennes retiennent notre attention. Au milieu
de la piazza Tartini, bordée de vieilles demeures, trône
une statue de Giuseppe Tartini (1692-1777), compositeur et violoniste,
enfant de la cité. C’est sur cette place que nous
déjeunons.
Nous nous arrêtons ensuite à Izola,
petit port de pêche à flan de coteau qui recèle de
superbes maisons gothiques. Les églises sont fermées, ce
qui écourte notre visite. Il se met à pleuvoir. Nous
rentrons à Umag. La buvette de notre terrasse est fermée.
Dommage !
Jeudi 11 septembre
Ce matin, il pleut à verse. Nous
décidons de rester dans notre base. Le midi, pour nous consoler,
nous nous offrons un délicieux plat de poissons, grande
spécialité en Croatie, dans l’un des restaurants du
complexe de vacances.
Ensuite, après-midi de lecture au lit dans
le bungalow. La pluie cesse peu avant l’ouverture du buffet pour
le repas du soir. Nous déplorons la fermeture de « notre
» terrasse.
Vendredi 12 septembre
Le temps est passable. Notre activité
touristique peut reprendre. Nous avons pointé Rovinj sur la
carte. C’est une presqu’île, aux ruelles
étroites et pittoresques. Un portique romain marque
l’entrée de la ville historique. Nous visitons la
cathédrale Sainte-Euphémie et son campanile, construit
sur le modèle de celui de la place Saint-Marc à Venise. A
son sommet, une statue-girouette représente la sainte. Ensuite,
nous faisons un tour en bateau : c’est bon de sentir la mer !
Samedi 13 septembre
Nous quittons Umag pour Šibenik, plus de 400
kilomètres au sud, dans le nord de la Dalmatie.