Claude-Samuel Levine obtient
en 1996 le Premier prix (1) du Conservatoire
National Supérieur
de Paris, Il a vingt-neuf ans et vient
de mettre au point « un système
virtuel innovant recréant fidèlement
les sonorités d’origine des
diffuseurs
de Martenot » (Wikipedia).
Devenu l’un des meilleurs
spécialistes du thérémin,
ce musicien surdoué, qui se présente
avec
modestie comme « un concertiste en soliste
»,
a joué avec les orchestres du monde entier
(2)
mais, aussi, avec Radiohead et Yann Tiersen,
et s’investit parfois avec des groupes moins
connus – mais qui l’intéressent
– comme le groupe
conceptuel Rocky
Controlo.
Mais la musique n’est pas son seul centre
d’intérêt : il réalise
des vidéos dans lesquelles
il intègre des compositions personnelles
qu’on
peut écouter dans divers sites comme Youtube,
(1) Claude-Samuel Levine a, aussi,
décroché un Premier prix
de solfège en 1982 et de harpe en 1990
à l’École de musique
d’Asnières.
(2) Orchestres de Cannes, Marseille, Paris,
Lisbonne, Berlin,
Avignon, Vérone, Madrid, Bâle,
Zagreb...). Il a joué, aussi, avec
la Maîtrise Gabriel-Fauré, David
Robertson...
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Thérémin main
Concert solo au cabaret Les Trois Arts,
à Paris.
copyright : CLAUDE-SAMUEL LEVINE
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Zone-61 : Bonjour
Claude-Samuel ! Vous êtes considéré
comme le grand spécialiste français
du thérémin.
Qu’est-ce que le thérémin ?
Claude-Samuel Levine :
C’est un drôle de boîtier muni
d’antennes, qui permet de
jouer de la musique… Non, pas sans les mains,
faut pas
pousser ! Mais sans toucher (ou presque) à
l’instrument.
Plus que des mots, je pense que les
présentations vidéos
risquent d’être plus parlantes, je sais
pas pourquoi :
Zone-61 : Dans
quelles circonstances avez-
vous découvert cet instrument, et
qu’est-ce qui
vous a incité à
l’étudier ?
Claude-Samuel Levine : J’avais
aperçu un
thérémin lors d’un salon de la
musique à Paris.
Ce qui m’a beaucoup plu dans le
thérémin, est
son mode de jeu cousin des Ondes Martenot
qui, à l’époque,
n’étaient plus fabriquées.
J’ai donc pu commencer à faire des
petites
représentations de façon plus
autonome qu’en
allant demander, avec hésitations, à
un ou une
collègue de prêter son propre
instrument de concert… pour aller jouer en orchestre !
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Theremin, Journée des Arts, en 2008.
copyright : Christopher
Sylva
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Cette bienheureuse solidarité entre ondistes
s’est pourtant pratiquée durant des
années,
car c’était la seule solution.
Le soulagement est arrivé en 2004 avec
l’ondéa. A noter que, suite à
beaucoup
d’aléas, mon propre père
travaille
actuellement à la réalisation
d’instruments
encore plus aboutis. Grosse joie dans
la maison !
Zone-61 : Combien
de temps vous a-t-il
fallu pour inventer votre « système
virtuel
destiné à restituer les
sonorités d’origine
des diffuseurs de Martenot » ? Et
qu’apporte
votre invention par rapport aux anciens
instruments ?
Claude-Samuel Levine :
Les « diffuseurs » de Martenot sont des
sortes de « haut-parleurs »
spéciaux, munis
de membrane métallique, de ressorts ou
de cordes, qui contribuent aux colorations
irréelles des sonorités dans
l’onde Martenot.
Sauf qu’ils ne sont plus fabriqués.
De nombreux jeunes ondistes sont donc
contraints d’utiliser des reverbs
électroniques,
risquant de déformer le caractère
original
des œuvres.

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Diffuseurs Virtuels, en 2012
copyright : CLAUDE-SAMUEL LEVINE
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Or, j’ai trouvé dans le Net des
logiciels d’effets spécialisés
(plugins audio) au caractère approchant au mieux les
sonorités des diffuseurs
originaux ! Je n’ai donc pas vraiment «
inventé », mais
plutôt adapté les
possibilités, afin de pouvoir
jouer les œuvres en concert
avec un petit PC dédié, dans
un boîtier discret posé entre
l’onde et les haut-parleurs.
L’avantage est non
seulement la fiabilité, mais
aussi la possibilité de profiter
des progrès logiciels futurs,
pour améliorer la ressemblance avec les
sonorités d’origine.
Zone-61 : Vous avez
joué
avec de grands orchestres
classiques, mais aussi avec
des groupes de rock comme
Radiohead. Avec un
égal plaisir ?