INTERVIEW
► Martin Edenik: Bonjour Jacqueline! Comment réalisez-vous vos tableaux? Quelle technique utilisez-vous?
► Jacqueline Rouault-Rosso: Je travaille en glacis; je superpose des couches de
peinture que je ponce pour donner de la transparence afin que le que le regard traverse les différentes strates. J’ai besoin de temps pour terminer une peinture… Cela peut durer plusieurs mois, car je laisse «reposer» la toile et je la reprends plus tard. C'est chaque fois une aventure
differente. J’utilise comme support du bois sur lequel je «maroufle» de la toile ou du papier.
Martin Edenik: Quel est le mot qui, selon vous, représente le plus fidèlement votre travail: ‘‘onirisme’’, ‘‘surréalisme’’, ‘‘symbolisme’’. Un autre mot, peut-être? Ou bien tous?
► Jacqueline Rouault-Rosso: ‘‘surréalisme’’ et ‘‘peinture métaphysique’’.
Martin Edenik: Qu’essayez-vous d’exprimer à travers vos peintures? Recèlent-elles un message conscient? Ou bien ce message vient-il de plus profond?
► Jacqueline Rouault-Rosso: Non, je n’exprime pas un message conscient… C’est plus profond.
Martin Edenik: De quels artistes vous réclamez-vous? Lesquels vous ont inspirée le plus fortement?
► Jacqueline Rouault-Rosso: Les artistes de la Renaissance, les peintres
romantiques et préraphaélites et puis, plus proches: Giorgio de Chirico, Max Ernst, Paul Delvaux.
Martin Edenik: Il suffit de regarder vos vidéos pour comprendre que la musique a pour vous une extrême importance. Travaillez-vous avec un fond musical?
► Jacqueline Rouault-Rosso: J’aime beaucoup la musique, mais je peins dans le silence.
Martin Edenik: Avez-vous d’autres passions, en dehors de la peinture et de la musique?
► Jacqueline Rouault-Rosso: La littérature, la poésie.
Martin Edenik: Trois choses que vous aimez, et leurs contraires.
► Jacqueline Rouault-Rosso: j’aime l’élégance morale, l’humour et la simplicité. Je déteste la vulgarité, l’absence d’humour et la suffisance.
Martin Edenik: Quel sera votre mot de la fin?
► Jacqueline Rouault-Rosso: «L’aventure continue...»
– The End –
Des cités, des palais abandonnés au cœur de panoramas subtilement colorés, de paysages que l’homme n’aurait pas eu le temps de souiller. Une architecture qui évoque la Rome antique, une Rome qui aurait bâti, aussi, des pyramides. L’homme est absent des univers de Jacqueline Rouault-Rosso. Peut-être vient-il tout juste de disparaître, car des tentures s’agitent sous la voûte des galeries ou s’enroulent autour d’une colonne, comme des marqueurs temporels destinés à nous faire comprendre que le drame vient d’être joué... Un charme puissant émane des tableaux de Jacqueline Rouault-Rosso. Il est impossible de ne pas y succomber.