Mon parcours

Je suis née le 19 septembre 1948 à Charleroi, en Belgique. Un frère aîné, des parents professeurs… Dès l’enfance, je rêve de devenir comédienne… Après le lycée, je fais quelques études à Bruxelles : école de théâtre à l’I.A.D. (Institut des Arts de Diffusion), puis deux ans de philologie slave (j’envisage alors une formation au Théâtre-laboratoire de Jerzy Grotowsky de Wrocław en Pologne) et, enfin, fac de journalisme (« Sciences humaines et techniques de communication sociale » à l’U.L.B.). Des études que j’ai menées, à partir de 1970, en parallèle avec ma vie de comédienne débutante…

Après l’I.A.D., en 1968, j’ai eu la chance de participer à plusieurs spectacles du Théâtre national de Belgique. Ensuite, j’ai gagné un concours dont le premier prix était la présentation d’une émission de radio à Liège. C’est ainsi que je me suis retrouvée tous les samedis soirs pendant un an au micro d’une émission de radio intitulée Focus 2000 sur les ondes de la R.T.B. (Radio Télévision belge). Difficile de jouer au théâtre quand on doit être dans un studio de radio  tous les samedis soirs. Rien d’impossible, en revanche, du côté cinéma.  En pleine effervescence underground et contestataire, j’ai participé à quelques aventures cinématographiques (avec Roland Lethem, David Mc Neil, etc.) avant de retrouver la scène. C’est à partir de ma rencontre avec Jess Franco en 1973 que le cinéma est devenu mon activité principale.

Je me suis installée à Paris en 1975. Pour survivre entre deux films, j’enchaînais toutes sortes de petits boulots dont le seul intérêt était de ne pas compromettre ma liberté d’action (tous les jeunes comédiens connaissent ce problème). Et puis un jour, on m’a proposé d’écrire des textes pour une encyclopédie, et je suis devenue pigiste. Une pigiste tout-terrain : un pied dans l’édition, un autre dans la presse, j’ai appris des tas de choses. Je suis devenue correctrice, traductrice (j’ai traduit, entre autres, plusieurs romans pour la collection Harlequin !);  j’ai même été « nègre », un mot désormais suspecté de racisme par les troufions de la bigoterie bien-pensante,  alors maintenant on dit ghost writer, mais c’est la même chose : j’ai écrit des bouquins pour des gens plus ou moins célèbres qui auraient eu du mal à s’en tirer sans aide.coccinelle-e1430467620263

Parmi ces ouvrages, j’avoue volontiers l’«autobiographie» de Coccinelle, le premier transsexuel connu et reconnu de l’Hexagone  (Coccinelle par Coccinelle, 1986). L’intéressée n’étant plus là pour  m’en vouloir, paix à ses cendres ! J’espère que son fantôme ne reviendra pas me hanter pour exiger que je rajoute quelques colifichets à la description de ses extravagants costumes de scènes ! Sous mon nom, je n’ai publié qu’un seul livre : Les Empoisonneurs, crimes et mystères, en 1980, écrit à la demande de J-M Lo Duca, l’un des fondateurs des Cahiers du cinéma, alors responsable d’une collection chez Pygmalion.851656430-186x300

J’ai joué pour la dernière fois au théâtre en 1981 (au Lucernaire, dans Yerma de Garcia Lorca). L’année suivante, on m’a proposé un travail dans une maison d’édition en Italie, à Turin. J’y ai passé un an.

A mon retour à Paris, j’ai achevé ma reconversion en signant mon premier contrat de travail en bonne et due forme avec un éditeur français. Ce qui m’a permis, en 1983, d’obtenir — enfin !— ma carte de séjour en France. Hé oui… Les Belges à cette époque-là étaient des émigrés comme les autres !… Ma situation matérielle s’améliorait, mais du même coup, j’étais coincée dans un emploi stable : adieu théâtre et cinéma !

J’ai fini par obtenir la carte de presse, officialisant mon statut de journaliste en 1989. C’est cette  année-là que Martin Edenik est entré dans ma vie (nous nous marierons en 1998 ). En 2012, je suis devenue française. En fait, je bénéficie aujourd’hui du régime de la double nationalité, ce qui n’est pas pour me déplaire…

Je ne vois pas l’intérêt de vous infliger la liste (très hétéroclite !) des magazines auxquels j’ai collaboré. Certains sont connus, d’autres beaucoup moins. Parmi ces derniers, je garde une tendresse particulière à la revue Fascination, un trimestriel consacré à l’érotisme dans la littérature et les arts. Un journal pas comme les autres, marginal, érudit, auquel je resterai toujours fière d’avoir participé.Fascination

J’ai passé les dix dernières années de cette seconde vie professionnelle dans le groupe Marie-Claire.

Mon mari et moi nous sommes ensuite lancés dans la réalisation et l’animation de sites Web principalement consacrés à l’art et aux artistes. Il y a eu  l’Alien’s Café, puis Zone-61, des sites non-commerciaux, créés pour le plaisir de partager passions et découvertes.

Photographie,  peinture, sculpture…  les arts plastiques m’ont toujours fascinée. La photo est la plus récente de mes passions, mais du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours dessiné, barbouillé, modelé. Au pinceau, à l’éponge, au couteau, au râteau. Avec tout ce qui me tombait sous la main : de la cire, du plâtre, de la colle, des acides, bref, des matières de toutes sortes, pas du tout prévues pour cet usage.

Des expériences très jouissives, mais, généralement, assez salissantes. Aujourd’hui, grâce à la photographie numérique et à quelques logiciels de création, mon champ d’expérience s’est considérablement élargi et j’utilise des volumes beaucoup plus raisonnables de détachants ménagers.

Mais le besoin de retrouver des pinceaux et des couleurs au bout de  mes doigts continue de se faire fidèlement sentir.

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